Désirs de Data

Chapitre sur le désir des données et leur tissage extensif en divers milieux, s’exprimant dans l’Open Data, le Big Data, le Small Data…jusqu’au transhumanisme. Maryse Carmes et Jean-Max Noyer in Traces Numériques et Territoires, ss la dir. de Marta Severo et Alberto Romele, Presses des Mines Paris Tech, octobre 2015

A lire ici : http://www.grico.fr/wp-content/uploads/2015/10/Carmes_Noyerdesirsdedatas_PDF.pdf

Nous sommes à présent dans le plissement numérique du monde et le tissage
continu qui ne cesse de croître entre les liens, les données, se complique du tissage
numérique des êtres et des choses, des êtres et des objets et des territoires qu’ils
fabriquent. Nous sommes à présent dans la phase de l’Internet des objets, des
hybrides ce que l’on peut nommer l’Internet de «tout» (Internet of everything), pour le dire encore autrement la création d’un vaste système relationnel, d’un vaste système de connexion entre les personnes, des processus, des données et des choses. Ce système est fondé sur la production d’interfaces et de capteurs, sur la capacité des écritures numériques en réseaux à laisser des traces sémantiques, comportementales,géolocalisées, énergétiques etc., des traces sémiotiques de plus en plus nombreuses,de plus en plus variées. Il produit une quantité toujours plus vaste de datas.
Ce système est aussi un puissant système hétéro-organisateur, doté d’un nombre
croissant de boucles récursives partout distribuées, sur un nombre croissant
d’applications, de logiciels, d’algorithmes. Société datacentrique et matière
algorithmique couplées de manière structurale (Pierre Levy).
L’irrésistible ascension des algorithmes et l’explosion quantitative-qualitative de la
production de données sont relativement violentes. Cette irruption s’exprime aussi
dans le champ d’immanence doxique à travers les débats publics et plus ou moins
complexes sur les effets des algorithmes utilisés par les grands acteurs de l’industrie
logicielle dans les secteurs de la recherche d’information, du marketing, des
gouvernances politiques associées à la gestion des populations et des territoires…
L’automatisation (pour tout ou partie) des procédures de production des données, de
leur exploitation, hante les imaginaires de l’action politique, en même temps qu’elle
permet de concevoir des dispositifs de striage des collectifs humains-non-humains
puissants. Nous savons donc aujourd’hui combien sont nouées formes de pouvoir
et «raison statistique», combien la fabrication de la valeur, de l’économie-monde,
des collectifs, des processus de subjectivation, etc., de nos modes d’existences se
réalise par la mathématisation des relations, les régimes d’interfaces, la prolifération
des applications qui les accompagnent. Dans ce cadre, le
data mining se présente comme une narration impériale, comme grand récit des sociétés performatives, associée à la sainte et obsédante trinité «performation-prédiction-préemption» qui caractérise les sociétés de veille et l’hégémonie marketing.
suite http://www.grico.fr/wp-content/uploads/2015/10/Carmes_Noyerdesirsdedatas_PDF.pdf
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