Septembre 2016 : parution de deux ouvrages portés par le Grico

A paraĂ®tre chez Iste Editions et Wiley pour la traduction anglaise : Collection “Intellectual Technologies” sous la direction de Maryse Carmes et Jean-Max Noyer. http://iste-editions.fr/

Les intelligences collectives dans l’horizon du Trans et Post –humanisme; Auteur : Jean-Max Noyer, Professeur des Universités. Résumé :

Il y a une profonde transformation des modes de production des savoirs et des modes d’intelligibilité. Ce que l’on appelle “le plissement numérique du monde” associé, sinon à la convergence des NBIC, en tous cas à la mise en résonance de ces derniers, affecte les agencements collectifs de pensée, les dispositifs de recherche. Les buts de ces agencements sont aussi soumis à de profonds débats. Parmi ces débats qui agitent les devenirs performatifs des sciences et des techniques dans leur ensemble, un émerge et se renforce qui a plusieurs noms: Transhumanisme, Posthumanisme, Posthumanisme spéculatif. Il se présente comme une grande Narration, un grand Récit sur l’avenir de nos devenirs faisant face à notre entrée dans l’Anthropocène, au processus d’artificialisation du monde. Il se présente aussi comme une utopie concrète porteuse d’une bifurcation anthropotechnique majeure et vient se loger dans la postérité de ceux qui ont tenté de penser la “cérébralisation” du monde.

Dans cet ouvrage on se propose donc de montrer comment les intelligences collectives se tiennent “au milieu” du couplage des horizons ontologiques et des processus de maturation bio-techniques.

Nouvelles mĂ©moires et renouvellement de la pensĂ©e analogique, associationnisme puissant, montĂ©e irrĂ©sistible de l’algorithimie, cognition distribuĂ©e, nouvelles pratiques cartographes et encyclopĂ©disme en Ă©clats, sont autant de manifestations qui expriment cette transformation en cours. Nous nommons « encyclopĂ©disme en Ă©clats » l’ensemble ouvert «de la communautĂ© des oeuvres, (des textes, des objets et des hybrides…) comme incomplĂ©tude en procès de production », le vaste système de relations internes des agencements collectifs d’énonciation, des Ă©quipements collectifs de subjectivation en quoi elle (la communautĂ©) consiste, l’immense texture des Ă©critures numĂ©riques, des objets, de l’algorithmie gĂ©nĂ©rale. En fin de compte l’immense marmite prĂ©cambrienne de Data, Metadata, Linked Data… qui en autorise le plissement. Des intelligences collectives pour cette marmite, une nouvelle marmite pour des intelligences Ă  venir, telle est la double interrogation Ă  laquelle nous souhaitons faire face dans cet ouvrage qui comporte trois parties.

Tout d’abord nous décrivons les caractéristiques les plus saillantes des transformations en cours. Ces caractéristiques sont dominées par le plissement numérique du monde et elles expriment l’extension des agencements d’intelligence, la manière dont ils se différencient et s’articulent (Chapitre 1). Dans un deuxième temps, nous proposons une synthèse des narrations trans et post-humanistes en les suivant au plus près de leurs énoncés, en les mettant en perspective dans l’histoire de  la cérébralisation de l’espèce humaine et  en indiquant de quoi ces énoncés sont le symptôme. (Chapitre 2). Enfin, nous mettons en lumière la question de l’Encyclopédisme aujourd’hui et mettons en relief certains des principaux problèmes auxquels il fait face ainsi que certains des modes concrets de son incarnation. Les principaux dispositifs d’écriture affectant les conditions de production et circulation des savoirs sont ainsi analysés. (Chapitre 3)

 

L’art de la guerre Ă  l’âge des rĂ©seaux – Auteur :  Joseph Henrotin, RĂ©dacteur en chef de DSI  (DĂ©fense et SĂ©curitĂ© Internationale) – RĂ©sumĂ© :

 « Il s’agit d’examiner, sous un angle critique, les apports ou les problèmes posés par la diffusion des technologies de l’information – comprises au sens large – au regard des catégories de la théorie stratégique classique. Il s’agit donc ici d’étudier les conséquences de ce que nous appellerons « l’informationnalisation » sur l’ensemble des étages stratégiques mais en ne se cantonnant pas uniquement à l’art de la guerre régulière. Procéder de la sorte reviendrait à reproduire les biais de confirmation souvent observés dans les travaux des années 1990 – au demeurant fréquemment liés à leur traitement par des chercheurs américains. Aussi paraît-il nécessaire d’intégrer d’emblée les versants irréguliers de l’art de la guerre irrégulière et leurs prolongations hybrides.  Nous reviendrons ainsi, dans les deux premiers chapitres, sur l’épistémologie de la révolution dans les affaires militaires : avant toute autre chose, il est nécessaire de comprendre quel est son processus de constitution et de légitimation (y compris historique) mais aussi son déploiement dans le débat stratégique, parce qu’elle est le cadre dans lequel va se déployer l’informationnalisation. Nous revenons sur la terminologie de ladite révolution, mais aussi sur son rapport au temps, qui peut être questionné dès lors que l’on s’inscrit dans des temporalités très différenciées. Le troisième chapitre est quant à lui centré sur le caractère disruptif de la RMA/Transformation. Reflète-t-elle un changement de paradigme ? Pour ce faire, nous analysons les fondements politiques de l’action stratégique – ce qui permet de déterminer quelle est l’amplitude réelle de la « révolution » – avant de mobiliser l’analyse de la stratégie des moyens, bien évidemment centrale dès lors qu’il est question de technologies. Il s’agira ensuite de se tourner vers la stratégie opérationnelle.   Pour ce faire, les deux chapitres suivants seront consacrés à la manière dont s’est historiquement forgé le processus de connaissance de l’adversaire dans les zones de bataille. C’est évidemment la question du renseignement, tactique comme stratégique, mais aussi celle des référents clausewitziens classiques que sont le « brouillard de la guerre », le « coup d’œil » et la « friction ». Pour ce faire, nous mobiliserons la théorie des espaces fluides et solides proposée par Laurent Henninger sur base des travaux de G. Deleuze et F. Guattari. Est montrée la manière dont on conçoit le recueil de l’information comme l’action procède d’abord de rationalités liées aux stratégies navale et aérienne (chapitre 4), avant de tenter d’être traduite dans le domaine terrestre (chapitre 5). C’est notamment à ce niveau que l’on peut constater le rôle catalyseur de la guerre du Vietnam mais que l’on peut également poser comme hypothèse que la RMA/Transformation n’a pour autre projet que de chercher à « fluidifier le solide ».   Le sixième chapitre revient sur les fonctions attribuées au processus d’informationnalisation dans les métas-référents doctrinaux des forces armées, particulièrement occidentales. Cela obligeant à se focaliser sur la cinématique des opérations ; mais aussi sur la manière de conduire la guerre en réseau. A cet égard, notre hypothèse est que la RMA/Transformation n’est pas achevée, parce que les outils qu’elle a permis de forger connaissent un processus de diffusion et d’appropriation par des acteurs irréguliers. Il a pour conséquence de voir émerger des techno-guérillas, agissant dans un mode de guerre hybride, et constituant la « réponse » – d’ailleurs logique dès lors que la guerre est une dialectique – à la recherche de supériorité technologique des Etats occidentaux. Enfin, le dernier chapitre cherche à modéliser la tentative de contre-adaptation de ces derniers, au travers d’un examen des rationalités liées à la frappe, certes d’un point de vue technique, mais surtout du point de vue de ses conséquences sociostratégiques. Elles apparaissent éminemment paradoxales, en particulier du fait que la technologie, si elle est un « attracteur stratégique », semble servir d’échappatoire impossible aux invariants de la stratégie et, donc, de la politique » (JH).

 

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